Vous venez de recevoir un avis de hausse de loyer en RPA, ou votre parent s'inquiète de la prochaine ? Vous n'êtes pas seul. Les hausses dans les résidences privées pour aînés ont été au cœur de l'actualité en 2026 : cas médiatisés de hausses de plusieurs centaines de dollars, nouvelle méthode de calcul du Tribunal administratif du logement (TAL), et promesses de plafonnement pendant la campagne électorale.
Bonne nouvelle : un locataire en RPA a les mêmes droits que n'importe quel locataire au Québec. Il peut refuser une hausse, et c'est alors au propriétaire de la justifier. Voici comment fonctionnent les hausses en 2026, les délais à respecter et les démarches pour contester.
Une RPA peut-elle augmenter le loyer comme elle le veut ?
Non. Le bail d'une RPA est un bail de logement encadré par le Code civil du Québec. La résidence peut proposer une hausse au renouvellement du bail, mais elle doit respecter une procédure précise, et le locataire a toujours le droit de la refuser.
Particularité de la RPA : la facture comprend à la fois le loyer du logement et le prix des services, comme les repas, les soins ou l'assistance personnelle, détaillés dans l'annexe au bail. La hausse peut porter sur les deux, et c'est souvent le coût des services qui fait grimper la facture. Pour bien distinguer ces deux parties, consultez notre guide sur les services inclus dans le loyer d'une RPA.
Depuis le 1er janvier 2026, le TAL utilise une nouvelle méthode de calcul, basée notamment sur la moyenne de l'inflation des trois dernières années et sur la variation des taxes. Pour les baux qui débutent entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, le TAL suggère :
| Partie de la facture | Taux suggéré 2026 | Rappel 2025 |
|---|---|---|
| Loyer de base (logement) | 3,1 % | 4,5 % |
| Services à la personne (soins, assistance) | jusqu'à 6,7 % | 6 % |
Concrètement, pour un loyer de base de 1 500 $, une hausse de 3,1 % représente environ 46,50 $ par mois. Si votre RPA vous annonce une hausse nettement plus élevée, demandez-lui de la justifier, par exemple par des travaux majeurs ou une forte hausse des taxes.
Attention : ces taux sont des repères, pas des plafonds légaux. Une résidence peut demander davantage. Mais si vous refusez, elle devra prouver devant le TAL que sa hausse est justifiée.
Refuser une hausse ne vous fait pas perdre votre logement : vous avez le droit de rester. Le TAL fixe ensuite le loyer, en tenant compte des dépenses réelles de la résidence. Le TAL propose des formulaires de réponse à un avis de modification du bail, qui facilitent la démarche.
En janvier 2026, le cas d'une résidente de 89 ans dont la facture avait augmenté de 600 $ par mois, dans une RPA de Joliette, a fait réagir jusqu'à la ministre responsable des Aînés. Selon une association de défense des locataires aînés, une contestation rapide, dans le mois suivant l'avis, aurait probablement permis de faire baisser cette hausse. D'où l'importance de ne pas laisser passer le délai.
La hausse des loyers en RPA a été un enjeu de la campagne électorale de l'automne 2026. Le 30 août 2026, le Parti libéral du Québec a promis de plafonner les hausses de loyer et de services en RPA. Selon cette proposition, une résidence qui voudrait dépasser le plafond aurait dû démontrer devant le TAL que sa hausse était justifiée, ce qui renverserait le fardeau de la preuve, aujourd'hui porté par l'aîné qui conteste. Le niveau du plafond n'avait pas été précisé.
Le 5 octobre 2026, le Parti québécois a remporté l'élection et formera un gouvernement minoritaire, tandis que le Parti libéral devient l'opposition officielle. Dans un contexte minoritaire, la question du plafonnement pourrait revenir dans les débats à l'Assemblée nationale, mais aucune mesure de plafonnement n'est en vigueur à ce jour.
En attendant d'éventuels changements, ce sont les règles actuelles qui s'appliquent : avis de 3 à 6 mois, délai d'un mois pour refuser, et fixation par le TAL en cas de désaccord.
Si, malgré une contestation, le budget ne suit plus, plusieurs pistes existent :
Avant de déménager, vérifiez que la nouvelle résidence est bien une RPA certifiée.
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Oui. Vous avez un mois après la réception de l'avis pour refuser par écrit, tout en restant dans votre logement. La résidence doit alors s'adresser au TAL dans le mois suivant, sinon le bail est renouvelé aux mêmes conditions.
Pour les baux débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, le TAL suggère 3,1 % pour le loyer de base et jusqu'à 6,7 % pour les services à la personne. Ces taux sont des repères, et non des plafonds légaux.
Si vous ne répondez pas dans le mois suivant la réception de l'avis, vous êtes réputé avoir accepté la hausse, et le bail est renouvelé avec le nouveau loyer.
Non, pas à ce jour. Le Parti libéral a promis un plafonnement pendant la campagne électorale de 2026, mais c'est le Parti québécois qui a formé le gouvernement. Les règles actuelles du TAL continuent donc de s'appliquer.
Résumé
Une hausse de loyer en RPA suit les mêmes règles que pour tout locataire au Québec : la résidence doit envoyer un avis écrit de 3 à 6 mois avant la fin du bail, et le locataire a un mois pour refuser tout en gardant son logement. En 2026, le TAL suggère une hausse de 3,1 % pour le loyer de base et jusqu'à 6,7 % pour les services à la personne. Le plafonnement des loyers en RPA, promis par le Parti libéral pendant la campagne, n'est pas en vigueur.
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